Le deuxième numéro de Casus Belli formule Black Book est sorti voilà quelques semaines. C'est l'occasion de faire un petit retour sur cette nouvelle incarnation tant il est vrai que les premiers numéros s'avèrent cruciaux pour l'avenir d'une publication s'adressant à une niche aussi restreinte que le jeu de rôle. De ceux-ci dépendront le nombre des abonnés "originels", ce fond de roulement qui assure la pérennité d'un magazine.
En effet, échaudés par les deux précédentes formules, certains pourraient hésiter à s'engager à nouveau et préfèreront garder une distance toute pragmatique, voir privilégier la version PDF, tout en observant l'évolution de cette quatrième mouture. J'émets toutefois la théorie que la difficulté à se procurer le précieux dans des boutiques de jeu de rôle toujours plus rares pourrait pousser les plus impulsifs (ou les moins suspicieux) à s'abonner d'office.
Je ne reviendrai pas sur les qualités du magazine quant à son format, sa maquette et ses illustration. Je préfère vous inviter à lire mon post consacré au premier numéro et rentrer dans le vif du sujet :
Pagination oblige, on trouve à nouveau beaucoup de matière dans ce Casus Belli. Les critiques sont nombreuses et agréables à lire, et j'ai particulièrement apprécié le portrait de famille Pathfinder, même si ici (quoi de plus normal me direz-vous) BBE prêche pour sa chapelle. Il faut avouer qu'en bon grognard, j'avais carrément fait l'impasse sur ce jeu (tout comme sur la quatrième édition de Dungeons & Dragons d'ailleurs).
Il est rare qu'une critique me donne d'emblée envie de jouer, mais ce fut le cas avec celle de la cinquième édition de Pendragon. Bon, c'est vrai que j'ai toujours eu un petit faible pour le Basic Role-Playing System, mais en dehors du cadre lui-même (la geste arthurienne) ô combien évocateur, l'idée de faire jouer des campagnes sur plusieurs générations et d'incarner une dynastie plutôt qu'un unique personnage est brillante et colle parfaitement avec le thème et les contraintes du genre. J'ai également été ravi du dossier rétro dédié à Maléfices, l'occasion d'en apprendre plus sur cet incontournable du jeu de rôle francophone. Côté rétro toujours, les vétérans apprécieront le retour sur les Grimtooth Traps.
La rubrique L'Etagère du Rôliste est encore un fois la bienvenue. Si les idées de lecture foisonnent, les reviews consacrés au jeux vidéo et autres MMORPG me laissent, elles, de marbre. Ceci dit, ma référence dans le domaine du jeu sur console est Final Fantasy VII. Old school quand tu nous tiens…
As usual, on retrouve le système "générique" de la maison, les Chroniques Oubliées, avec sont lot de races et de classes pour un univers fantasy et des règles adaptés à ce contexte. L'aide de jeu Mon premier scénario est bien vue et d'une utilité indiscutable.
Quant aux autres aides de jeu, certaines m'ont plutôt laissé sur ma faim. J'espérais que l'auberge de Bâtisses & Artifices se présenterait plus comme une aide générique, modulable, avec des idées de scénarios plutôt qu'une sorte d'intrigue prête à jouer. Le Démon de Bois ne s'avère qu'un monstre de plus, utile si on a déjà épuiser tous ses bestiaires.
Dans la rubrique Magazine, j'ai bien aimé l'interview de Pénélope Bacieu, dans le genre souvenirs de vétéran. L'occasion d'égratigner un peu la culture rôliste orthodoxe.
Au final, un quasi sans faute pour ce numéro 2 dont se dégage une impression de diversité qui n'est pas sans rappeler le Casus originel. Certains regretteront l'absence de scénario et d'aides de jeu SF, mais cela devrait être corrigé dans le numéro 3 puisqu'un scénario pour Eclipse Phase est prévu.

















